dermatologue › À savoir › Taches brunes et melasma : le soleil, les hormones et les crèmes éclaircissantes
La photoprotection n'est pas un conseil d'appoint : elle fait partie de la prise en charge. Et les produits éclaircissants vendus hors pharmacie laissent des dégâts plus difficiles à traiter que la tache de départ.
Le melasma dessine des taches brunes symétriques sur le front, les pommettes, la lèvre supérieure. Il est fréquent sur les peaux mates, souvent déclenché par la grossesse ou une contraception hormonale, et entretenu par le soleil. Ce n'est pas la seule cause de tache : une marque laissée par un bouton, un lentigo lié à des années d'exposition ou une pigmentation d'origine médicamenteuse se ressemblent de loin et ne relèvent pas de la même approche. Le tri se fait à l'examen, par un médecin.
À Casablanca, la lumière est forte toute l'année et la réverbération sur le sable d'Ain Diab ou sur le béton clair d'un boulevard compte autant que l'exposition directe. Un trajet quotidien à pied, une terrasse à midi, un pare-brise : la dose s'accumule. C'est pour cela que la photoprotection fait partie du traitement et n'est pas un conseil d'appoint.
Le praticien précise la profondeur de la pigmentation, cherche le facteur déclenchant — grossesse, hormones, médicament, produit appliqué, épilation à la cire répétée sur la lèvre — et examine la zone avec son éclairage et son dermatoscope. Il vérifie aussi qu'une tache isolée, d'apparition récente et d'aspect changeant, n'est pas autre chose qu'une tache banale.
Il existe des préparations dépigmentantes délivrées sur ordonnance, des peelings et des techniques instrumentales, dont certains lasers. Sur une peau mate, ces gestes demandent de la prudence : ils peuvent déclencher une pigmentation réactionnelle qui aggrave le motif de consultation. Le choix, la puissance, le nombre de séances et les précautions relèvent du médecin, après évaluation de votre type de peau et souvent après un test sur une petite zone.
Il faut aussi dire ce qui est vrai : le melasma est une affection qui récidive volontiers, en particulier après une exposition ou une nouvelle grossesse. Un praticien honnête parlera d'entretien et de surveillance, et ne vous annoncera pas une disparition acquise.
C'est un vrai sujet de santé publique, et un motif de consultation courant. Des produits vendus au marché ou importés sans contrôle contiennent, selon les lots, des corticoïdes puissants, des agents dépigmentants à des concentrations non maîtrisées, parfois des dérivés mercuriels. Ce que les dermatologues voient ensuite : une peau amincie, des vergetures, des vaisseaux apparents, une pilosité sur le visage, des poussées d'acné, des infections à répétition, et des pigmentations paradoxales plus difficiles à prendre en charge que la tache initiale.
Un produit qui promet un éclaircissement rapide de tout le visage n'est pas un traitement de tache. Si vous en utilisez un, apportez-le à la consultation plutôt que de l'arrêter brutalement sans avis : un arrêt mal conduit après usage prolongé de corticoïdes a ses propres conséquences, et le praticien vous dira comment procéder.
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